Des Vieillevignois qui ont marqué l'Histoire

Paulette Gandemer

Maire de Vieillevigne durant 42 ans

En 1959, Paulette GANDEMER devient maire de Vieillevigne à 35 ans, après avoir été la seule femme du conseil municipal. Elle reste une figure emblématique de la vie locale, reconnue pour son engagement durable et son dévouement au service de la population vieillevignoise. Durant 42 ans de mandat, la maire "dynamique" dont se souviennent les habitants marque la commune par de grandes réalisations : la création du lac des Vallées, la construction de la salle Trianon et des programmes de logements sociaux... Mais surtout la création de la Maison de Retraire du Champfleuri en 1967.

En 1961, elle devient la première femme élue au Conseil Général de Loire-Atlantique : elle représente le canton d'Aigrefeuille durant 37 ans en tant que vice-présidente aux affaires sociales. Son mandat, l’un des plus longs de l’histoire de la commune, a été marqué par une période de profondes transformations et de développement pour Vieillevigne.

Paulette GANDEMER a su accompagner les évolutions sociales, économiques et urbaines de la ville, tout en préservant son patrimoine et son identité. Son action a permis de moderniser les infrastructures, de renforcer les services publics et de favoriser la cohésion sociale au sein de la communauté.

Elle s’est éteinte le 4 mars 2022, à l'âge de 97 ans, laissant derrière elle un héritage politique et humain profondément ancré dans la mémoire collective des habitants de Vieillevigne. Son nom reste associé à une époque charnière de l’histoire locale, et son engagement continue d’inspirer les générations suivantes d’élus et de citoyens.

Stanislas Baudry

L'inventeur du premier service de transport en commun en France

En 1826, l'entrepreneur vieillevignois Stanislas Baudry crée un service de transport qui vise à faire venir les clients jusqu'à son entreprise située sur un lieu excentré des quartiers populaires. Ce faisant, il crée ce qui deviendra l'Entreprise Générale de l'Omnibus, le tout premier service de transport en commun à voir le jour en France.

10 Août 1826. À Nantes, l’homme d’affaires Stanislas Baudry publie un prospectus à l’attention d’investisseurs dans lequel il vante les mérites de la nouvelle société qu’il vient de créer, la « Dame Blanche », qui deviendra en 1828 l’Entreprise Générale de l’Omnibus. Cette entreprise est un nouveau moyen de transport urbain qui permet, selon le prospectus, de « rapprocher les distances par des moyens économiques de les franchir, [en facilitant] les communications entre commerçants dans la ligne où se trouve la plus grande quantité de gens d’affaires ». Il s’agit, en fait, de la toute première ligne de transport en commun à voir le jour en France.

Né en 1777 à Vieillevigne (Loire-Inférieure) et décédé en 1830 à Paris, Stanislas Baudry a fait une carrière militaire au sortir de ses études de Médecine. Engagé dans les Armées Napoléoniennes, il en obtient le grade de Colonel, ce qui lui vaut d’être mis en retraite avec demi-solde en 1814 lors du retour des Bourbons sur le trône de France. Stanislas Baudry se lance alors dans les affaires. C’est à Nantes qu’il investit d’abord dans une minoterie (entreprise qui prépare les farines de céréales) qu’il fait fonctionner au moyen d’une machine à vapeur que les Nantais appellent alors la « Pompe à Feu de Richebourg » (du nom du quartier Richebourg où elle est installée).

Un pragmatisme économique avant tout
Baroudeur dans l’âme, Stanislas Baudry, est un entrepreneur visionnaire et insatiable, dont le bon sens économique le pousse à de nombreuses initiatives. Ainsi, il installe par exemple à côté de sa minoterie des Bains Publics dont la température de l’eau est obtenue grâce à la vapeur de sa « Pompe à feu », un modèle, déjà, d’économie circulaire. Mais son entreprise n’attire pas les foules car elle se trouve à l’écart des quartiers populaires nantais situés à l’opposé. C’est donc pour faire venir les clients que Stanislas Baudry a l’idée de créer un service de transport en commun, gratuit, qui porte l’enseigne des « Bains de Richebourg ».

Et de cette manière, les transports en commun gratuits font ainsi leur apparition en France, à Nantes, à l’été 1826. Cependant, ce service qui relie les quartiers nantais aux « Bains de Richebourg » est rapidement un échec. Car si les Nantais sont ravis d’un transport en commun, gratuit et pratique, ils l’utilisent pour se déplacer quotidiennement mais sans fréquenter pour autant les Bains. Stanislas Baudry en tire des conclusions immédiatement. Il comprend qu’il existe un besoin qui ira croissant au gré de l’urbanisation. Féru de Théâtre et séduit par l’Opéra Comique « La Dame Blanche », il fonde alors la Compagnie éponyme afin de développer ce service à plus grande échelle.

Des transports en commun pour faire face à l’urbanisation croissante
En effet, avec le siècle de l’Industrialisation, la ville moderne se développe. Elle n’est plus un lieu de vie statique mais un centre débordant d’activités, un écosystème qui se gère en termes d’axes de communication, de lignes et de flux, de gain de temps. Par ailleurs, dépourvues de trottoirs, les rues mal pavées sont autant d’obstacles pour des piétons qui circulent au milieu des souillures et des déjections animales. La multiplication des fiacres et des équipages de grandes maisons sont autant de risques d’accidents pour les piétons et la source des premiers embouteillages. Pour cette raison, les transports en commun proposés par Stanislas Baudry sont une révolution et la réponse à un besoin croissant pour l’époque.

Ces facteurs font que le succès des Dames Blanches est immédiat et plusieurs lignes sont créées. Très vite, elles sont d’ailleurs désignées par le surnom « Omnibus », qui signifie « pour tous et pour toutes ». Galvanisé par ce succès Stanislas Baudry a ensuite cherché à conquérir la Capitale. Il obtient en 1828, du Préfet de la Seine, le droit de fonder une Entreprise Générale des Omnibus, qu’il cogère avec deux associés, et plusieurs lignes sont ouvertes à Paris, puis à Bordeaux et à Lyon. Face à des difficultés financière dont il est persuadé qu’il ne se remettra pas, il met fin à ses jours en 1830.

200 ans plus tard l’Omnibus est toujours d’actualité
Son œuvre lui a cependant survécu. Il est ainsi l’inventeur de nos transports en commun. Les Dames Blanches ont battu le pavé Nantais jusqu’à la fin du XIXème, avant d’être remplacées par le Tramway, puis le métro et enfin l’ère de l’automobile qui donne naissance aux réseaux de bus tels qu’on les connait.

Jean-Bernard JOLY,
Les Horizons

Armand Guéraud

Un Vieillevignois précurseur de la conservation du patrimoine local

Imprimeur-libraire nantais, l’historien Armand Guéraud naît à Vieillevigne en 1824. Sa vie est totalement consacrée aux livres et à la culture locale. Son unique ambition est « la promotion de la culture régionale et sa divulgation aux plus nombreux ».

Ses parents Laurent Guéraud et Rose Francheteau sont des survivants de la Virée de Galerne qu’ils ont vécu pendant leur enfance. Laurent a pour frère aîné, Guéraud-Boisjoly le capitaine de paroisse de Vieillevigne tué par les républicains en 1794, Rose a vu son père massacré par les insurgés vendéens en mars 1793. L’union improbable de ces deux familles blanche et bleu va donner neuf enfants élevés dans la tolérance et l’ouverture d’esprit. Laurent le père, adjoint au maire de Vieillevigne sous le Premier Empire, puis colonel de la garde nationale, s’accommode volontiers des évolutions politiques et se positionne comme libéral.

De son côté, Rose s’occupe de l’éducation religieuse. La bibliothèque familiale regorge de plus de 800 volumes. Rousseau, Voltaire, Boileau, Racine, quantités de livres en français, italien, anglais, traînent sur les rayonnages. Les enfants Guéraud se nourrissent de cette richesse culturelle et font de brillantes études. Auguste le cadet des fils, est le premier vers 1836 à se lancer comme libraire puis éditeur à Nantes. Mais, sa mort prématurée conduit l’aîné des garçons, Léon à reprendre le flambeau en 1843. L’imprimerie initiée par Auguste survivra grâce à ses deux frères, Léon et Armand.

De son côté, Armand, de santé fragile, mais d’une grande intelligence, après des études au collège royal de Nantes, obtient son baccalauréat à Rennes en 1844. Il renonce aux études pour travailler pour Léon à l’Imprimerie du passage Bouchaud. Dans un rôle de commercial, il sillonne le grand Ouest pour démarcher les notables en leur proposant des souscriptions, mais aussi pour proposer des éditions à des auteurs méconnus. En 1848, nommé bibliothécaire adjoint de la ville de Nantes, il réalise un catalogue raisonné de l’ensemble des fonds de la cité. Mais, l’édition l’intéresse plus que le classement, et en 1849, il démissionne pour s’associer avec son frère Léon. En 1850, il publie à 26 ans avec son professeur Talbot « La Petite Géographie de Loire-Inférieure ». Armand est de toutes les sociétés intellectuelles de la région, souvent comme membre-fondateur : Société Archéologique de Nantes, Association Bretonne, Société Académique de Nantes, Société des Antiquaires de l’Ouest, Revue des Provinces de l’Ouest, Bretagne et Poitou. Il fréquente les historiens et érudits locaux : Dugast-Matifeux, Chassin, Fillon, de Sourdeval, Levot, Bizeul, Braud, et même Michelet alors réfugié à Nantes. Ses compétences lui valent la fonction de correspondant de la Société Impériale des Antiquaires de France et une place à la Société des Monuments Historiques.

Outre la librairie, il gère l’imprimerie qui édite la grande majorité des revues culturelles de la région. Il rédige de nombreux articles et effectue d’importantes recherches historiques. La lourde charge de la librairie-imprimerie du passage Bouchaud lui incombe totalement à la mort de Léon Guéraud en 1853 et retentit gravement sur santé précaire. Il vient alors de débuter son recueil de chansons populaires qui sera son œuvre majeure, publiée après sa mort en 1861 sous le titre Recueil de Chants populaires du Comté Nantais et du Bas-Poitou. Pour cela, il sillonne la contrée entre Nantes et le Nord-Vendée. Resté proche de sa commune de Vieillevigne et de ses habitants qu’il visite régulièrement, il y collecte près d’une centaine de textes de chanson.Son travail lui vaudra la médaille d’or de la Société Académique de Nantes et un grand succès posthume. Mais, il s’est endetté, à délaisser son imprimerie. Il est allé au-delà de ses forces. Armand décède à Nantes en 1861 laissant à sa veuve qui l’a accompagné jusqu’au bout, de nombreuses dettes.

Armand Guéraud se définissait comme « républicain mais chrétien, sans exagération, sans utopie ». Il s’est consacré à l’écriture de la mémoire culturelle de notre région, façonné par un mélange parfaitement harmonieux entre culture nantaise et bas-poitevine, entre culture catholique et républicaine, entre culture bourgeoise et populaire.

Dominique Tétaud
Article complet sur la famille Guéraud dans le Marcheton n°7 (2009)

Léon Guéraud

Un grand voyageur

Il y a maintenant deux cents ans naissait dans notre bourg, le 16 mai 1808, Léon Alexis Marie GUERAUD l’aîné des « frères Guéraud ». Issu d’une longue lignée vieillevignoise remontant au XVIIème siècle, il était le fils d’un propriétaire Laurent GUERAUD et de Rose Aimée FRANCHETEAU. Léon brillant élève à Nantes, est reçu bachelier es lettres à Rennes le 5 mai 1826 et prépare l’Ecole Polytechnique où son succès semble assuré. Mais, son indépendance d’esprit et son goût pour l’aventure, sans doute exacerbé par un conflit familial, le conduisent à délaisser Polytechnique pour s’embarquer dans les mers des Indes. Pendant une quinzaine d’années, Léon parcoure l’Océan Indien et l’Indonésie. Correspondant ministériel, il proposa différentes expéditions accueillies avec bienveillance par les autorités, et cela lui permit de rédiger un ouvrage intitulé « l’Interprète Malais ». Entre dictionnaire et vade-mecum, cet ouvrage servit aux marins et jeunes gens s’embarquant pour ces contrées lointaines.

Ce grand voyageur voit sa destinée changer de cap à la mort de son frère Auguste le 4 octobre 1843. Celui-ci avait fondé à Nantes une librairie-imprimerie qui avait pris rapidement de l’importance. Léon va reprendre ce commerce, et reçoit son brevet de libraire le 16 décembre 1843 et celui d’imprimeur le 4 juillet 1848, en attendant son association avec son plus jeune frère Laurent en 1849. Cette imprimerie sera une des plus importantes de Loire-Inférieure au cours de cette moitié du XIXème siècle, éditant des ouvrages faisant encore référence de nos jours dans les domaines de l’histoire et de la culture régionale.

Catholique fervent, membre de la loge maçonnique nantaise « Mars-et-les-Arts », Léon, parrainé par Dugast-Matifeux, est reçu en 1845 membre de la Société Académique de Nantes.  Des feuilletons sur ces voyages sont publiés dans le journal le Breton. A son retour à Nantes, il se marie à Anne-Andréline VERON. Homme de progrès, il accepte et s’adapte en 1848 à la Seconde République.

Comme tous ses frères, il meurt jeune à 44 ans le 13 janvier 1853 dans sa maison 7 basse Grande Rue à Nantes. Un important cortège de six cents personnes, associant notables et anonymes nantais vont accompagner sa dépouille jusqu’au cimetière de la Bouteillerie. On dira de lui qu’il avait une prodigieuse facilité pour le travail, une intelligence d’élite sans supériorité, qu’il alliait un esprit fin et pénétrant, un cœur d’or à une saine et efficace bonhomie. En peu de temps passé à Nantes, il était devenu une figure marquante de la cité préfectorale, ce qui lui valut sur sa tombe un discours du conseiller général PITRE-AUBINAIS.

Dominique Tétaud,
Association Généalogique des Marches Vieillevignoises.

Bernard Guichet

Un Vieillevignois surnommé "Monsieur Rond-point"

Né à Vieillevigne en 1948, Bernard Guichet rejoint le CETE de l’Ouest au début des années 1970, à une époque où le paysage routier français est en pleine mutation. Au début des années 1980, les carrefours giratoires restent encore peu appréciés et Bernard Guichet lui-même demeure sceptique. Pourtant, sa curiosité le pousse à les étudier de près, et il devient rapidement l’un des précurseurs français dans le domaine des ronds‑points.

À partir de la fin des années 1970, les giratoires se multiplient en France, soutenus par la réglementation de 1984. Appréciés pour leur capacité à réguler le trafic et leur gain en termes de sécurité, ces aménagements deviennent une référence, tant en milieu urbain qu’en rase‑campagne. Cependant, il reste essentiel de vérifier que leur "géométrie demeure adaptée aux besoins de capacité", un défi auquel Bernard Guichet consacre une grande partie de sa carrière. Son expertise lui vaut une apparition dans l’émission « Combien ça coûte » sur TF1, où il explique le coût des infrastructures routières, ce qui lui vaut le surnom de « Monsieur Rond‑Point », qui le suivra tout au long de sa carrière.

Contributions de Bernard GUICHET
Ingénieur au CETE de l’Ouest, Bernard Guichet mène dès les années 1980 des recherches approfondies sur la "capacité et la sécurité des giratoires". Parmi ses contributions majeures figure le développement du logiciel GIRABASE, conçu pour évaluer la performance des carrefours giratoires. Validé dans sa troisième version en 1997 par le CERTU et le SETRA, GIRABASE devient l'outil de référence nationale pour les professionnels. La version 4, publiée en 2011, reste aujourd’hui largement utilisée. Les organismes CERTU, SETRA puis le CEREMA (depuis 2014) assurent la diffusion de cet outil et la mise à jour des recommandations techniques.

Spécialiste des ronds‑points à priorité à l’anneau, Bernard Guichet concentre ses recherches sur l’efficacité des giratoires en termes de trafic, de sécurité routière et d’intégration des différents usagers. Une étude du CETE de l’Ouest (1989) démontre un gain significatif de sécurité par rapport aux intersections à feux. Parallèlement, il rédige de nombreuses fiches techniques pour le CERTU/CEREMA, notamment la célèbre « Fiche n°24 : Les carrefours giratoires urbains ».

Un autre volet important de ses travaux concerne les giratoires traversés par des lignes de tramway, à Lyon et Nantes. Ces intersections nécessitent une attention particulière sur la "géométrie de l’anneau, la largeur des voies et la visibilité des usagers". Bernard Guichet dirige ces études, à l’origine du guide Giratoires et tramways (2008, réactualisé en 2017).

Participation internationale et rôle de conseiller
Tout au long de sa carrière, Bernard Guichet participe à de nombreuses conférences internationales, partageant l’expérience française et contribuant à la diffusion des bonnes pratiques. Il intervient à Bochum (Allemagne) en 1991 sur la sécurité des giratoires, puis au 3ᵉ Symposium international sur les intersections sans feux en 1997 à Portland, Oregon, États‑Unis. En 2005, il présente l’expérience française lors de la TRB National Roundabout Conference à Vail, Colorado, USA, portant sur la sécurité et la fluidité du trafic.

Bernard Guichet assume également un rôle de conseiller pour le guide américain de référence publié en 2010, Roundabouts: An Informational Guide – Second Edition (TRB / NCHRP Report 672). Ce guide couvre la planification, la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation des carrefours giratoires aux États‑Unis et reste un document essentiel pour expliquer les compromis techniques associés aux giratoires.

Reconnaissance et héritage
En 2013, la carrière de Bernard Guichet est couronnée par le Frank Blackmore Award, une distinction internationale décernée par le TRB pour une contribution majeure aux giratoires et à la sécurité routière. Ce prix, nommé en hommage à Frank Blackmore, ingénieur britannique pionnier des ronds‑points modernes, récompense les travaux ayant un impact concret sur la sécurité et la fluidité du trafic. La distinction souligne non seulement son expertise technique, mais aussi son rôle dans la promotion et l’adoption mondiale des giratoires.

Les travaux de Bernard Guichet témoignent d’une approche  globale, de la conception à l’analyse, en passant par la comparaison des giratoires avec les intersections classiques. Grâce à ses recherches, au logiciel GIRABASE et à son rôle de conseiller pour le guide américain de 2010. Ses travaux continuent d’influencer la conception d’infrastructures et la sécurité des intersections, en France comme à l’international.

Grégoire GUICHET
Sources
1. CETE de l’Ouest, *Étude sur les carrefours giratoires*, 1989
2. CERTU / CEREMA, *Fiche n°24 : Les carrefours giratoires urbains*
3. Bernard Guichet, *GIRABASE – logiciel d’évaluation des giratoires*, 1997
4. TRB / NCHRP, *Roundabouts: An Informational Guide – Second Edition*, 2010
5. Guide *Giratoires et tramways*, CEREMA, 2008 et 2017
6. TF1, émission *Combien ça coûte*, présentation Bernard Guichet, 2000?
7. Transportation Research Board, *Frank Blackmore Award*, 2013
Esquisse réalisée au XX° siècle

Pierre Grelier

Un Vieillevignois méconnu

La commune de Vieillevigne compte peu de ressortissants ayant marqué l’histoire. Les plus connus d’entre eux, sont Stanislas Baudry (1777-1830), génial découvreur du concept de l’omnibus et Armand Guéraud (1824-1861), figure incontournable de la culture régionale. L’ultra montaniste, Monseigneur Alcime Gouraud (1856-1928), le plus haut dignitaire ecclésiastique du bataillon clérical vieillevignois et Gabriel-Esprit Vrignaud (1758-1793), éphémère capitaine de la division royaliste de Vieillevigne, sont plus célébrés que leur compatriote Pierre Grelier (1754-1829). Ce dernier, méconnu autant à Vieillevigne qu’à Nantes où il deviendra un homme incontournable pendant la Révolution française, mérite pourtant en raison de ses différentes qualités, littéraires, politiques et sociales, que l’on s’attarde sur sa biographie.

Né au village du Marchais en 1754, ce fils de tisserand, fait de brillantes études au collège de l’Oratoire à Nantes, où il est reçu maitre-es-arts et professeur. L’ingénieur-géographe Jean Baptiste Ogée, lui confie la rédaction de son « Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne » qui paraît en 1778. La qualité de son travail, le conduit au poste d’archiviste de la ville de Nantes, de bibliothécaire de la chambre de commerce et en 1787 à la charge d’Inspecteur général de la Librairie de France. La Révolution balaye l’administration royale, mais ses compétences reconnues lui valent en 1790 le poste de secrétaire général de l’administration centrale du récent département de la Loire-Inférieure. Echappant aux luttes révolutionnaires intestines nantaises, il devient le procureur général syndic du département en juin 1795. C’est alors que s’exposant à tous les dangers, en octobre 1795, il se rend à Paris pour obtenir de la Convention, un subside conséquent (800 000 livres) pour ses concitoyens nantais en proie à la famine et aux spéculateurs. Il en est récompensé par son élection comme député au Conseil des Cinq-Cents (Directoire) fin 1795, dont il devient jusqu’en mai 1799, un des secrétaires, siégeant à l’aile gauche de cette assemblée. Opposé au coup d’état du 18 Brumaire, considéré comme anti-bonapartiste, sa carrière politique prend fin définitivement. On lui accorde cependant différentes charges administratives, comme directeur de l’Octroi de Nantes puis commissaire du département près de la Régie, enfin receveur des contributions directes. Plus soucieux du bien-être de ses concitoyens que de sa carrière personnelle, il conçoit différentes réformes, dont celle des octrois.

Sous le Premier Empire, Grelier se lance dans une nouvelle carrière, celle de l’horticulture et de la botanique. Propriétaire de terres et de vignes à Château-Thébaud, il s’exerce à l’agriculture. Il sera un des concepteurs du Jardin des Plantes à Nantes, mais aussi le premier nantais à créer une orangerie. Grâce aux développements de ses pépinières, il participe grandement à l’expansion nationale de différentes variétés d’arbustes exotiques comme le magnolia grandifolia, les différentes variétés nantaises du camélia, le pin de Riga, etc. Membre de la Société académique de Nantes, il en anime la section agriculture jusqu’à son décès, sans postérité, à Nantes en 1829. Pierre Grelier, attaché à l’amélioration du fonctionnement de sa ville et de l’Etat ainsi qu’à la qualité de vie de ses concitoyens, n’a pas renié ses idéaux républicains après sa mise à l’écart de 1799. Cet homme de conviction n’a pas cherché à s’enrichir lorsqu’il occupait des postes clef de l’administration révolutionnaire. Oubliée de notre histoire départementale, la vie de Pierre Grelier, homme de conviction, vaut d’être remise en mémoire. Sa biographie fait l’objet d’un développement plus important dans la revue le Marcheton numéro 22 paru en 2024 et numéro 23 paru en 2025.

Dominique Tétaud,
Association généalogique des Marches Vieillevignoises